12 Juillet, cinq ans après : la mémoire des soignants suspendus, et la vigilance pour demain
Il y a cinq ans, le 12 juillet 2021, une allocution présidentielle annonçait l’obligation vaccinale des soignants. Cinq ans plus tard, la loi qui l’a portée n’est toujours pas abrogée. Le Syndicat Liberté Santé, qui a défendu les suspendus dès le premier jour, refuse l’oubli.
Cinq ans, trois dates
Le 12 juillet 2021, une allocution annonçait aux professionnels de santé qu’ils devraient se faire vacciner sous peine de suspension, sans salaire. Le 5 août 2021, la loi n° 2021-1040 gravait cette obligation dans le marbre. Le 15 septembre 2021, elle entrait en vigueur : des dizaines de milliers de soignants se voyaient interdits d’exercer du jour au lendemain.
Cet été, ces trois dates ont cinq ans. Ce ne sont pas des anniversaires que l’on fête. Ce sont des repères que l’on refuse d’oublier.
Ce que ces cinq années ont coûté
Derrière les décrets, il y a eu des vies suspendues. 606 jours de mise à l’écart pour beaucoup. Jusqu’à vingt mois sans aucun revenu pour certains. Des infirmières, des aides-soignants, des kinés, des psychologues, des médecins, brutalement écartés de leurs services et de leurs patients.
On a parlé de 15 000 soignants suspendus sur 2,7 millions de professionnels concernés. Une minorité, dira-t-on. Une minorité de femmes et d’hommes qui ont simplement voulu exercer leur consentement libre et éclairé, et qui l’ont payé de leur métier, de leurs revenus, parfois de leur santé.
Et cette injustice individuelle a eu un prix collectif. Au moment le plus critique de la crise sanitaire, alors que les hôpitaux manquaient cruellement de bras, que des lits fermaient et que des services tournaient au ralenti, on a écarté des professionnels compétents, formés et expérimentés. Priver la chaîne de soin de ces femmes et de ces hommes, au lieu de la renforcer, l’a durablement perturbée. C’est la qualité des soins et la prise en charge des patients qui en ont pâti : une perte de chance non négligeable, au préjudice de tous.
Le Syndicat Liberté Santé les a défendus dès le premier jour. Il est resté le seul syndicat de santé à porter leur cause, sans relâche, de 2021 à aujourd’hui.
La loi n’est pas abrogée. Elle est seulement suspendue.
Il faut le dire clairement, car beaucoup l’ignorent. La réintégration obtenue en mai 2023 repose sur un décret. Un décret se défait aussi vite qu’il se prend. La loi du 5 août 2021, elle, n’a jamais été abrogée. Elle dort. Elle peut être réactivée.
Pourtant, l’abrogation n’a rien d’une utopie : elle a déjà été votée. Le 4 mai 2023, l’Assemblée nationale adoptait la proposition de loi portée par le député Jean-Victor Castor (PPL n° 991), un texte pour lequel le Syndicat Liberté Santé s’est battu et a travaillé. Depuis, cette abrogation est bloquée au Sénat, où le texte n’a jamais été inscrit à l’ordre du jour. La solution existe donc, sur le papier, depuis 2023. Ce qui manque, c’est la volonté politique de la mener à son terme.
Cette épée reste au-dessus de la tête de toute la profession. Et l’actualité récente le prouve : avec l’article 20 du PLFSS 2026, une nouvelle obligation vaccinale a déjà été remise sur la table. La mémoire de 2021 n’est pas un exercice nostalgique. C’est une manière de rester debout pour ce qui vient.
Ce que le SLS continue de porter
Cinq ans après, le Syndicat Liberté Santé maintient son combat sur trois fronts :
- Accompagner et réparer. Aux côtés de ses avocats partenaires, le SLS accompagne les soignants dans leurs recours indemnitaires contre l’État, pour la reconnaissance et la réparation des préjudices subis du fait de la loi du 5 août 2021 : estimation du préjudice, constitution du dossier, mise en relation avec un avocat et suivi de la procédure.
- Établir les faits. Rassembler les chiffres, les décisions de justice, la chronologie et les voix, pour que ces cinq années restent une pièce opposable, pour les médias, les élus et l’Histoire.
- Protéger l’avenir. Porter auprès des parlementaires l’abrogation pleine et entière de la loi du 5 août 2021, en obtenant enfin l’inscription au Sénat du texte déjà voté à l’Assemblée en 2023, pour que ce qui a été vécu ne puisse recommencer par un simple décret.
Vous n’êtes pas seuls
Cette histoire est celle de toute une profession. Le SLS l’a défendue dès le premier jour, et ne la lâche pas.
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Cinq ans après, la blessure reste vive. Mais tant qu’il y aura une voix pour la dire, il y aura un syndicat pour la défendre.













