Sapeurs-pompiers : le SLS dit stop à l’épuisement de ceux qui nous protègent
Le SLS soutient la grève nationale des sapeurs-pompiers, du 8 septembre au 20 octobre 2026, et appelle à un dialogue national entre les professionnels de la santé, du médico-social et du secours (21 septembre 2026)
Les pompiers n’ont pas besoin qu’on les appelle des héros. Ils ont besoin qu’on leur donne les moyens de travailler.
Depuis le 8 septembre et jusqu’au 20 octobre, les neuf organisations syndicales représentatives des services d’incendie et de secours ont engagé une grève nationale. Entre ces deux dates se jouent la loi de modernisation de la Sécurité civile et le budget de l’État pour 2027. Le Syndicat Liberté Santé leur apporte son soutien.
Le Syndicat Liberté Santé (SLS) apporte son soutien aux sapeurs-pompiers professionnels et volontaires mobilisés pour défendre leurs conditions de travail, leurs effectifs, leurs moyens et l’avenir de la sécurité civile.
Pour le SLS, cette mobilisation dépasse largement le cadre d’une revendication professionnelle. Elle concerne chacun de nos concitoyens.
Lorsque les missions augmentent, lorsque les effectifs deviennent insuffisants, lorsque le recrutement et la fidélisation deviennent de plus en plus difficiles et lorsque les personnels sont soumis à une pression opérationnelle croissante, c’est toute la chaîne de secours qui se fragilise.
Et lorsque cette chaîne se fragilise, c’est la sécurité de la population qui est directement concernée.
Les héros ne doivent pas servir de variable d’ajustement
Depuis des années, la société française remercie ses pompiers pour leur courage et leur dévouement. Mais les remerciements ne remplacent ni les personnels, ni les équipements, ni les financements.
Les sapeurs-pompiers l’ont eux-mêmes écrit le 5 août dernier, dans un communiqué commun à leurs neuf organisations syndicales : ils refusent que le mot « héros » serve une nouvelle fois à dissimuler la réalité, celle de plus de vingt années de sous-investissement et d’alertes restées sans réponse. Le SLS reprend leurs mots, parce qu’ils sont justes.
Le SLS refuse que le courage individuel permette durablement de compenser les insuffisances structurelles. On ne peut pas demander toujours davantage aux professionnels tout en leur donnant toujours moins de moyens.
Un professionnel épuisé ne peut pas être considéré comme une ressource inépuisable. Un poste non pourvu n’est pas qu’une donnée administrative. Un délai d’intervention qui s’allonge peut avoir des conséquences dramatiques.
Et derrière chaque intervention se trouve un professionnel qui prend des risques pour sauver une vie.
Le SLS demande des engagements concrets
Le SLS appelle donc le Gouvernement, le Parlement et les collectivités responsables du financement des services d’incendie et de secours, départements et communes, à apporter des réponses concrètes :
- Un financement pérenne à la hauteur des besoins des SDIS, avec une participation accrue de l’État ;
- Des recrutements permettant de garantir des effectifs opérationnels suffisants, à hauteur des 21 000 postes que réclame l’intersyndicale ;
- Une véritable politique de fidélisation des professionnels ;
- La préservation et la reconnaissance du volontariat ;
- Une meilleure prévention des risques professionnels ;
- Une prise en compte réelle des conséquences physiques et psychologiques de l’activité ;
- Une reconnaissance des maladies et pathologies liées à l’exposition professionnelle, dans le prolongement du classement de ce métier comme cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer en 2022 ;
- Une transparence sur les effectifs disponibles et les délais d’intervention.
Protéger ceux qui nous protègent
Le SLS considère qu’une politique de sécurité civile ne peut être évaluée uniquement à partir des budgets. Elle doit être également évaluée à partir d’une question simple : « Aurons-nous suffisamment de femmes et d’hommes disponibles lorsque nous aurons besoin d’eux ? »
Le SLS appelle donc les professionnels de santé, les professionnels du médico-social, les citoyens et les élus à soutenir les sapeurs-pompiers.
Parce que les difficultés rencontrées par les pompiers rejoignent celles que connaissent aujourd’hui de nombreux professionnels du soin et de l’accompagnement : augmentation des missions, manque de personnel, épuisement professionnel, perte de sens et dégradation des conditions de travail.
Elles ne s’y ajoutent pas, elles en découlent. Près de huit interventions de sapeurs-pompiers sur dix relèvent aujourd’hui du secours et des soins d’urgence aux personnes. Chaque urgence saturée, chaque carence ambulancière, chaque territoire sans médecin se traduit par un départ de caserne. La fatigue de l’hôpital ne s’arrête pas à la porte de l’hôpital : elle se déverse sur la chaîne de secours. C’est pourquoi le SLS ne peut pas regarder cette mobilisation de l’extérieur.
Le SLS propose d’ouvrir un dialogue national
Le Syndicat Liberté Santé souhaite rencontrer les organisations représentatives des sapeurs-pompiers afin d’échanger sur leurs revendications et de réfléchir à des actions communes en faveur de la protection des professionnels et de la population.
Mais le SLS appelle plus largement à l’ouverture d’un dialogue national entre les professionnels de la santé, du médico-social et du secours. Ces métiers appartiennent à une même chaîne, celle qui prend en charge une personne au moment où elle en a besoin. Ils rencontrent les mêmes difficultés sans jamais être réunis autour d’une même table. C’est cette table que le SLS propose d’ouvrir.
Notre proposition est simple :
La protection de la population commence par la protection de ceux qui la protègent.
Pour la défense des professionnels. Pour la protection de la population. Pour des services publics à hauteur de leurs missions.
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