Obligation vaccinale grippe : les soignants attendent des preuves
Catherine BOUISSOU, présidente du Syndicat Liberté Santé (SLS), interrogée par Infirmiers.com
Le site Infirmiers.com a publié le 29 octobre 2026 une enquête sur les réticences des soignants face à la vaccination contre la grippe, alors que se prépare une obligation vaccinale annuelle pour les professionnels de santé. Selon Infirmiers.com, le décret en Conseil d’État qui doit la rendre applicable est attendu d’ici la fin du premier trimestre 2027. Catherine Bouissou, présidente du Syndicat Liberté Santé (SLS) et infirmière, a répondu à ses questions.
Ce que dit la HAS sur l’efficacité
Pour Catherine Bouissou, la première réserve des soignants tient à la preuve. « L’efficacité du vaccin et (son impact sur) la transmission ne sont pas démontrées », explique-t-elle, en renvoyant aux pages 86 et 87 de la recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) de juillet 2026. Dans ces pages, comme le relevait le communiqué du SLS du 12 octobre, la HAS juge l’efficacité du vaccin variable et difficile à évaluer, et le niveau de preuve sur la transmission aux patients faible.
Elle ajoute : « Si l’on nous démontre que ce vaccin est efficace sur la maladie et sur la transmission, il n’y a pas de raison que les soignants ne le fassent pas d’eux-mêmes, sans contrainte ». La démarche du SLS ne porte pas sur le vaccin mais sur la contrainte : chacun doit rester libre de disposer de son corps, et donc d’accepter ou de refuser un traitement ou une prophylaxie, après une information complète et loyale. Cela vaut pour les patients comme pour les soignants.
Une information complète sur les risques
Autre réserve, l’information sur les risques. « La vaccination n’est pas un risque anodin ; on ne peut pas jouer à la roulette russe. Que l’on nous donne des informations sur leurs risques », réclame Catherine Bouissou.
Elle rappelle « le manque de transparence des autorités sanitaires sur les risques liés à la vaccination contre le Covid ». Selon elle, cette vaccination a causé « des décès, des effets secondaires graves » engendrant « une invalidité » chez certains vaccinés. Elle ajoute : « La vaccination contre le Covid a semé le doute chez les soignants et c’est le fait de l’avoir rendue obligatoire ».
L’obligation, source de doute selon elle
Catherine Bouissou milite, comme les adhérents du syndicat, « pour un consentement libre et éclairé ». Sur l’obligation, elle estime que « l’histoire de l’obligation fait monter la mayonnaise. Ils ne nous laissent pas le choix. Une obligation sur une efficacité faible ne fait qu’ajouter au doute des soignants ».
Ce que relève le Pr Bouvet
L’enquête donne aussi la parole au Pr Élisabeth Bouvet, professeure en maladies infectieuses et vice-présidente du Geres (Groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux). Elle observe : « Quelque chose s’est cristallisé sur cette vaccination, en particulier chez les paramédicaux ». Selon elle, aides-soignants et infirmiers se sont détournés de la vaccination antigrippale « car pas d’enjeu majeur, car manque d’efficacité ». Elle y voit aussi « une façon d’exprimer leur mécontentement vis-à-vis des autorités administratives et médicales ».
Sur le Covid, elle relève une « suspicion sur la vaccination Covid, sur le fait que le vaccin soit arrivé si vite », qui fait que « la situation est complètement figée aujourd’hui ».
Pour le SLS, ces constats montrent que la confiance des soignants se construit par l’information et le dialogue, plutôt que par la contrainte.
L’enquête, signée par la rédaction d’Infirmiers.com, est à lire en intégralité sur Infirmiers.com.
Syndicat Liberté Santé
« Libre, indépendant, déterminé »
————————————
Nous sommes plus forts ENSEMBLE pour défendre les droits des travailleurs de la santé !🕊












